L’URGENCE climatique

Le jury a rendu son verdict, et il est accablant. Le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) est une litanie de politiques climatiques brisées. C’est un dossier de la honte, qui répertorie les promesses vides qui nous mettent fermement sur la voie d’un monde invivable. Nous sommes sur la voie rapide de la catastrophe climatique.

António Guterres – Secrétaire général de l’ONU, Avril 2022

Les faits sont accablants. Différents scénarios étudiés par le GIEC montrent que les politiques actuellement mises en œuvre par les États mettent le monde sur la voie d’un réchauffement moyen de 3,2 °C d’ici à la fin du sièclepar rapport à la moyenne de l’ère préindustrielle (milieu du 19e siècle). En France, le réchauffement prévu est de 3°C voire 4 °C si les politiques publiques ne sont pas corrigées. Le climat s’est déjà réchauffé de 1.1°C en moyenne. Au-delà de 1.5°C, les conséquences seront irréversibles et imbriquées les unes aux autres. 

Ces dernières années, alors que les COP et les rapports du GIEC se suivent, les émissions de CO2 continuent d’augmenter et de nouveaux records ont été franchis : les émissions de CO2 ont bondi de 6% entre 2020 et 2021. Agir en faveur de la réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre ne peut plus être repoussé. Comme l’a rappelé le Secrétaire Général de l’ONU, António Guterres, « perdre du temps, c’est périr». Or, la tendance actuelle des gouvernements ne tend pas vers l’action :  l’Etat français, poursuivi par le collectif L’Affaire du siècle, a été condamné pour inaction climatique par le tribunal administratif de Paris en février 2021.

Alors que le président de la République française s’était engagé à reprendre « sans filtre» toutes les propositions de la Convention Citoyenne pour le Climat, en se laissant 3 options de refus, seules 10% d’entre elles ont été reprises ; le Haut Conseil pour le Climat a fortement critiqué la capacité de la loi climat et résilience (promulguée le 24 août 2021) à réaliser nos objectifs de décarbonation.

Sans révision radicale de notre société, d’ici à 2070, 3,5 milliards de personnes seront forcées de se déplacer en raison de conditions climatiques et écologiques invivables. Nous ferons face à un effondrement civilisationnel et social inévitable où nos sociétés connaîtront : déplacements de masse, famines, conflits armés, épidémies… 

Voici la situation aujourd’hui et nous ne pouvons pas nous résoudre à vivre cette catastrophe.